Deux artistes de BD se sont passionnés pour les anciennes affiches de prévention contre les accidents du travail. Plus ou
moins « gores », drôles et efficaces.
« Ça ne repousse pas ! » (1979) de Bernard Chadebec (« Trésors de l’INRS », de Cizo et Felder,
éd. Les Requins marteaux/INRS, avril 2012)
L’affiche est belle : une main stylisée, rouge, massive. A la place du majeur, une fine plante fleurit
timidement. Le message : les doigts, « ça ne repousse pas ! » Convaincant ? Pas vraiment.
C’est l’histoire du regard porté sur l’ouvrier que nous invite à découvrir cette anthologie d’affiches de la
prévention des risques au travail, « Trésors de l’Institut national de recherche et de sécurité » (INRS). Un vrai petit bijou
d’art graphique. Dans un écrin d’hypocrisie.
Co-édité par l’INRS et l’éditeur BD Les Requins marteaux, le livre rassemble des affiches réalisées entre les
années 40 et 80. Beaucoup ont été conçues par l’affichiste Bernard Chadebec et sont peu connues du grand public, mêmes si elles ont contribué à la renommée de l’INRS.
Le graphiste et dessinateur Cizo ainsi que l’auteur de BD Felder sont à l’origine du projet :
« Le terme “trésors” n’est pas une astuce. C’est vraiment ce que nous avons ressenti lorsque l’Institut
nous a donné accès à son fonds et que nous nous sommes retrouvés face à ces affiches.
L’ouvrier, ce grand enfant...
... ou ce petit animal !
« Toujours réfléchir avant d’agir » (1971) de Bernard Chadebec (« Trésors de l’INRS », de Cizo et Felder, éd. Les Requins marteaux/INRS, avril
2012)
« Choisir une protection adaptée » (1976) de
Bernard Chadebec (« Trésors de l’INRS », de Cizo et Felder, éd. Les Requins marteaux/INRS, avril 2012)
L’ouvrier, ce grand fautif...
... a-t-il les moyens de se protéger ?
« Sois prudent » (1954) de Max Dufour (« Trésors de l’INRS », de Cizo et Felder, éd. Les Requins marteaux/INRS, avril
2012)
« Pris avec la bague au doigt » (1977) de Bernard Chadebec (« Trésors de l’INRS », de Cizo et Felder,
éd. Les Requins marteaux/INRS, avril 2012 )
« Même le 110 volts peut tuer » (1973) de Bernard Chadebec (« Trésors de l’INRS », de Cizo et
Felder, éd. Les Requins marteaux/INRS, avril 2012)
L’ouvrier, ce complice...
... qu’on veut divertir
« N’encomcombrez pas les escaliers » (1984) de Nicolas Amodéo (« Trésors de l’INRS », de Cizo et Felder, éd. Les Requins marteaux/INRS, avril
2012)
« Port obligatoire » (1978) de Jean-Claude Bauer (« Trésors de l’INRS », de Cizo et Felder, éd. Les
Requins marteaux/INRS, avril 2012)
« Si, à l’hôpital, vous commencez à dire la vérité... »
Pour minorer les jours d’arrêt de travail, certaines entreprises sous-déclarent, et dissimulent les accidents
de travail. Dernièrement Spie Batignolles a été soupçonné et
Bouygues mis en cause sur le chantier de l’EPR à
Flamanville (Manche).
« Quand un intérimaire se blesse, le sous-traitant le tire par les bras et les pieds pour le
mettre à l’écart – comme dans les films –, l’embarque dans une camionnette, et déclare l’accident dans ses propres locaux.Et, si, à l’hôpital, vous commencez à dire la vérité, ce n’est pas la
peine de venir chercher du travail chez ce sous-traitant par la suite. Vous êtes grillés. Dans toute la région. »
Accidents du travail : quelques chiffres
658 000 accidents du travail avec arrêt ont été recensés en 2010, soit une hausse
de 1,1 % par rapport à 2009.
41 000 accidents graves (impliquant une incapacité permanente) en 2010.
529 accidents mortels du travail recensés en 2010, en baisse de 1,7% par rapport à
2009.
Les véhicules représentent la première cause identifiable de décès et le BTP concentre le plus grand
nombre d’accidents graves.
Source : Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS).
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