Le Kivu, province orientale de la République Démocratique du Congo (RDC) concentre 60 à 80 % des réserves mondiales de
coltan, un minerai indispensable à la fabrication de nombreux appareils électroniques tels que les téléphones portables et les consoles de jeu.
Cette rareté aurait pu aider l’ex-Zaire à se développer. Mais il attise malheureusement les convoitises entre les chefs de
guerre locaux qui l’utilise pour financer une guerre civile. Cette guerre dure depuis plus de 60 ans (depuis la fin de seconde guerre mondiale). Elle a déjà fait 5 millions de morts et des
milliers d’êtres humains mutilés, violés, etc. Sans oublier l’esclavage des enfants et les enfants soldats.
Coltan : le minerai de sang
Après les diamants de sang (blood diamonds), on parle désormais de « minerais de sang » pour désigné le coltan. Au point que
l’ONU a décrété un embargo en 2005 sur le coltan provenant d’Afrique. Malheureusement, comme le démontre le reportage Blood in the mobile, la filière du coltan manque de traçabilité. Il est
quasiment impossible à l’heure actuelle de savoir d’où provient le minerai.
Le reportage enquête sur chaque étape de cette filière. Tous les fabricants de produits électroniques connaissent
parfaitement cette situation depuis des années. GreenIT.fr la dénonce depuis plus de 5 ans. C’est dire… Mais les fabricants se cachent derrière le droit international et les différents
traitements effectués sur le minerai qui rendrait toute traçabilité impossible.
" Blood in the mobile " pousse également les consommateurs des pays occidentaux à
s’interroger sur leur consommation frénétique de nouveaux gadgets électroniques mobiles. Au regard des conditions d’extraction du minerai, est-il bien raisonnable de sauter sur chaque nouvelle
version de smartphone ?
A lire sur ce sujet :
- La course aux matières premières bafoue les droits des populations
locales
- Conflict-Free Smelter : plus de traçabilité dans l’électronique
- De la mine au téléphone : un rapport alarmant
Sources :greenit.fr, http://bloodinthemobile.org/the-film/video-blog/
Cet excellent documentaire de Frank Poulsen a récemment reçu un écho dans un jeudi de l’investigation (Canal+) par le biais d’un documentaire du même nom en français, qu’on peut encore voir sur le net