Et si le miel disparaissait....
Pour fabriquer des pansements au miel, encore faudrait-il que les
abeilles ne disparaissent pas. Or, nul n’ignore qu’une pandémie mondiale décime les ruches. La France n’y échappe pas.
Les causes sont multiples. Dans un rapport publié en février, l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) en dénombre pas
moins de quarante : parasites, champignons, bactéries, virus, pesticides, perte de la biodiversité... Seule une mobilisation générale pourrait encore sauver les ruches françaises. Et encore
! En attendant, le miel étranger coule à flots. Entre 2003 et 2008, les importations ont quasi doublé, passant de 15,8 à 28,1 milliers de tonnes par an. Elles représentent déjà 70 % de la
consommation française ! Ce miel arrive par fûts d’Argentine, d’Espagne, de Hongrie... L’an dernier, les importations chinoises ont même quadruplé !Et là, méfiance ! En 2003, Bruxelles
avait dû fermer provisoirement les frontières européennes au miel de Chine après plusieurs cas de contami-
nation aux antibiotiques interdits. Certains apiculteurs chinois n’avaient pas hésité à diluer leur production avec des liquides sucrées, telle
la mélasse. Depuis, Pékin prétend avoir fait le ménage dans ses ruchers et publie un plan de sur-
veillance convenant à la Commission européenne. Les contrôles aux frontières des services vétérinaires sont globalement satisfaisants mais
restent peu nombreux, et beaucoup d’importateurs et de distributeurs continuent à bouder le miel chinois. Quant au consommateur, il est totalement impossible pour lui de s’yretrouver, car
le miel chinois est toujours mélangé à des miels d’autres provenances. Le conditionneur seborne alors à inscrire sur le pot : miel originaire de la Communauté européenne ou hors de la
Communauté européenne. Le recours à l’importation n’est qu’un pis-aller, car l’hécatombe apicole est un phénomène mondial. Dans quelques années, lemiel deviendra un produit
de luxe, hors de prix