Touristes attention ! Il est dorénavant interdit, dans le centre historique de Rome, de manger un sandwich devant le Colisée ou au bord de la fontaine de Trevi, à moins d'être attablé à une terrasse dûment homologuée. Les contrevenants se verront infliger une amende de 25 à 500 euros.
Pourquoi ? La miette de sandwich attire-t-elle le pigeon, nuisible indécrottable de la ville-monde ? Le casse-croûte pas cher salami-olives a-t-il été banni par un lobby de restaurateurs âpres au gain ? Vous n'y êtes pas. Cette ordonnance prise par la mairie, de droite, entrée en vigueur mardi, est censée améliorer grandement la circulation des gens, des regards et des admirations dans le centre-ville envahi de touristes, de vagabonds et de sans-abris. Or certains parmi ces dernier ont le mauvais goût de s'installer devant les monuments, d'y bivouaquer, voire d'y mâchonner un jambon-beurre.
Selon les termes de cet arrêté antivagabondage étendu à la mangeaille, qui sera valable jusqu'au 31 décembre : "Il est interdit de bivouaquer ou de faire des abris de fortune et de s'arrêter pour manger ou boire, de manière à ce que les zones ayant une valeur historique et architecturale particulière soit utilisées exclusivement comme lieu d'où l'on peut jouir d'un panorama." Notons : "ou boire". Attention, touristes ! Planquez vos gourdes. Ou faites en sorte de n'avoir pas l'air de vagabonds quand vous les sortez.
Des ordonnances similaires ont déjà été prises dans plusieurs autres villes italiennes, comme Venise, Florence ou Bologne, où elles sont également appliquées uniquement dans le centre historique, près des sites les plus connus.
Je pense que ce sont des lois contre le vagabondage qui n’osent pas dire leur nom. Les vagabonds, c’est-à dire les SDF, c’est mauvais pour le tourisme et peu apprécié des locaux. Ainsi on peut interdire de dormir en public comme on l’a fait à San Francisco. La consommation de boisson alcoolisée est aussi une cible favorite, même si seul l’excès est cause de troubles publics.
Il y a une époque où on a essayé d’intégrer tout le monde dans le mécanisme économique global d’un pays. Aujoud’hui, on essaie surtout d’oublier et de faire oublier le nombre croissants d’exclus.