En Inde, quand les paysans ne se
suicident pas (il s’agit du plus haut taux de suicides d’agriculteurs dans le monde), ils s’entassent dans les bidonvilles, en périphérie des grandes villes ou
encore se louent sur les propres terres qu’ils ont vendues pour rembourser leurs dettes.
Autre exemple : l’Île de France. Dans cette agglomération de 12 millions d’habitants,
il n’y a plus que 150 maraîchers quand on en comptait 350 il n’y pas si longtemps. On perd entre 30 et 35 000 exploitations par an en France. Comment ferons-nous quand nous aurons besoin de
l’agriculture pour subvenir à nos besoins ?
Le pétrole va finir par manquer. La France dépend des camions et des avions qui
chaque jour alimentent Rungis. Nous disposons de 3 ou 4 jours d’autonomie. Les politiques ont-ils réfléchi à des solutions
?
Il s’agit de se retrousser les manches pour mettre en place un modèle de
développement qui respecte l’homme et son environnement. La cinéaste a tourné, caméra sur l’épaule, en France, au Maroc, au Brésil, en Inde, en Ukraine. Durée
du tournage : un an. Durée du montage : deux ans. 170 heures de rush. De quoi faire 6 films d’une heure et demi chacun.
Elle donne la parole à ceux qui agissent : des représentants du Mouvement des sans terre, le créateur d’une Amap en région parisienne, un agriculteur ukrainien qui
cultive bio depuis 30 ans, le fondateur de l’association Kokopelli qui conserve des semences et les distribue partout dans le
monde, des chercheurs (voir leur liste complète ci-dessous, après la vidéo). Leurs propos, toujours passionnants, ouvrent la porte des possible
Coline Serreau les a laissés s’exprimer. Leurs idées, leurs initiatives,
pour l’heure parcellaires, se développent. Leur point commun ? Ils ont compris qu’on ne changerait pas la société si l’on ne changeait pas aussi la
façon dont nous nous nourrissons. Utopique ?