Burin et marteau, perceuse et marteau-piqueur, Vhils ne travaille pas comme les autres. De son vrai nom Alexandre Farto, ce
Portugais sculpte les murs pour en faire émerger des portraits saisissants. Ce street-artist a commencé jeune dans la banlieue de Lisbonne. Dès l’âge de 13 ans, il tague les les murs puis les
trains, s’essaye au pochoir. Vhils se penche ensuite vers sa boîte à outils pour mieux jouer sur le contraste. Quelques coups de bombe pour révéler les ombres du visage puis un mano a mano
s’engage avec la surface. Sous l’épiderme de pierre et de brique jaillissent ses créations.
Son art de la destruction est en fait plein de vitalité et de force. Une fois le travail terminé et le visage mis à jour, les murs parlent et
les âmes endormies de la ville s’éveillent. Tel l’archéologue, Vhils gratte les couches du passé et change notre perception de la réalité urbaine. Il nous rappelle que la ville est comme le
palimpseste ( merci Carole pour le mot), un parchemin où les hommes réécrivent sans cesse leur histoire.
Les murs, la ville, l’homme : tous composés de différentes strates qu’il est parfois bon de remettre à la lumière.
Son travail est encore plus détonnant quand Vhils place des charges d’explosifs sous la surface des murs. Boum art!!!! Quand il travaille sur
le papier, c’est à l’acide ou à l’eau de javel. Vhils, ça décape. Avec lui, le temps passe plus vite et souvent nous rattrape…









