"Je rappelle, déclare M. Devedjian au Figaro.fr au sujet du fils de l'ex-président de la République, que cet élu a déjà semé la pagaille à Neuilly, à l'EPAD, au conseil général et cela continue. Je lui dis qu'il aurait tort de me prendre pour David Martinon . Ses pressions ne me conduiront pas à la démission." M. Devedjian met en cause aussi l'ex-chef de l'Etat : "Il y a des pressions des deux", assure-t-il.
Le motif du nouveau conflit qui oppose M. Devedjian aux Sarkozy père et fils est un livre de Marie-Célie Guillaume, la directrice de cabinet de M. Devedjian. Le Monarque son fils, son fief Ecrit dans un style romanesque, l'ouvrage brosse un tableau accablant de l'exercice du pouvoir par M. Sarkozy. Il met en scène les complots, les menaces et les pressions ourdis, depuis 2007, par les sarkozystes des Hauts-de-Seine et l'Elysée contre l'ex-ministre de la relance.
"HYPOCRISIE TOTALE"
"Ce livre est une commande de M. Devedjian, affirme au Monde Jean Sarközy . C'est une attaque par derrière d'une hypocrisie totale. Quand j'ai appelé Devedjian avant sa parution (le 14 juin), il m'a dit qu'il ne licencierait pas son auteure car il défendait la liberté d'expression. Depuis sa parution, il n'a pas eu un mot à l'égard des élus, ciblés dans l'ouvrage avec une violence rare. C'est la preuve qu'il juge que ce livre sert ses intérêts."
Pour tenter de désamorcer la colère de la majorité départementale, M. Devedjian s'est résolu, le 18 juin lors d'un déjeuner avec quelques élus du conseil général, puis le 19 juin devant le bureau départemental de l'UMP, à promettre de licencier Mme Guillaume. Cela n'a pas suffi à apaiser les troupes UMP, ulcérées, qui l'ont invité à venir s'expliquer, lundi 25 juin, et à donner la preuve du départ programmé de cette dernière.
M. Devedjian a répondu par un mail cinglant qu'il ne souhaitait pas se rendre à cette convocation. En son absence, les élus UMP - dont Jean Sarközy - lui ont retiré leur confiance par 14 voix pour, 2 abstentions et 2 bulletins contre. Une motion de défiance majoritaire puisque le groupe au conseil général comporte 25 élus. En écho, mardi matin, le président du conseil général des Hauts-de-Seine a renouvelé son engagement du 18 juin en déclarant : "il sera mis fin aux fonctions" de Marie-Célie Guillaume "suspendue sans traitement depuis le 14 juin". Pour autant, il s'est gardé de donner une date : "Il y a un Code du travail. Un président du conseil général a le devoir de le respecter comme tout un chacun".
"JE CROYAIS N'ÊTRE ABONNÉ QU'À SON MÉPRIS"
A la tête de la fronde contre M. Devedjian, le rapporteur général en charge du budget au conseil général, Eric Berdoati, affirme ne pas être manipulé par les Sarközy : "J'ai téléphoné lundi soir à l'ancien président de la République, confie le maire de Saint-Cloud. Je voulais avoir un échange avec lui car il est l'ancien président du département. J'ai senti un homme blessé, peiné par le livre.Nicolas Sarközy m'a dit : 'fais comme bon te semble ! Je te remercie pour ce que tu fais. Je ne veux pas intervenir.' Il ne m'a pas encouragé dans notre démarche. Il ne m'a pas découragé non plus", précise M. Berdoati.
M. Devedjian "ne veut pas assumer qu'il a un problème avec sa majorité, se défend encore Jean Sarközy. Alors il me cible. Mais quel est mon poids
aujourd'hui ? Je croyais n'être abonné qu'à son mépris. Il me prête un pouvoir que je n'ai pas. Dans cette affaire, qui est l'agresseur ? Je ne suis pas le procureur, je suis la partie
civile", assène le jeune étudiant en droit.
Si la guerre fait rage entre le patron du département et les Sarközy père et fils, nul ne veut aller jusqu'à envisager une révolution de palais ou un blocage de l'institution.
Source : Le Monde .fr